On croit tout connaitre de l’asthme. Une personne sur 10 est concernée, et pourtant, nos esprits sont pleins d’idées reçues ! Qu’est ce que l’asthme au final? L’équipe de LUDOCARE a interrogé Marie-Pierre Rinn, présidente d’asthme et allergie 37.

– Pouvez-vous vous présenter ? –

“Je suis présidente de l’association Asthme et Allergies 37 située à Tours et ma mission est de coordonner l’éducation thérapeutique au sein de l’espace du souffle pour l’asthme et les allergies (surtout alimentaires). Cette association est une antenne sur la région centre qui permet aux patients de se renseigner sur l’asthme ou les allergies. Nous les aiguillons et les conseillons au quotidien dans le cadre de l’éducation thérapeutique.”

– Concrètement qu’est-ce que l’asthme ? –

“L’asthme c’est une inflammation des bronches qui peut être plus ou moins importante. Pour vulgariser, c’est une histoire de “tuyauterie” dans les poumons. L’épithélium […] est très inflammé et la paroi de la bronche va s’épaissir avec de l’œdème qui se forme vers l’intérieur. La paroi de la bronche va donc grossir mais de l’intérieur ce qui diminue le passage de l’air.” 

“Il y a quelques fois on a ce qu’on appelle des asthmes “sécrétant”, la production de mucus est plus importante ce qui fait que l’on est pas oxygéné correctement. Les conséquences : de la fatigue, des difficultés pour marcher, se concentrer. C’est pourquoi nous apprenons aux patients à repérer leurs propres signes et symptômes. Nous avons tous des signes différents, ça peut être par exemple de la toux, une oppression, un poids sur la poitrine ou des sifflements. dû à des allergies (acariens, pollen, poussière, la liste est longue) ou des irritants.” 

La maladie présente les mêmes symptômes de base chez tous les malades. Néanmoins les crises sont déclenchées par différents facteurs. Chez certains, ce sont des allergènes qui déclenchent la crise : pollens, acariens, poils d’animaux… , chez d’autres un air froid, ou encore un effort physique important. L’élément déclencheur permet de caractériser les différents types d’asthmes : on parle d’asthme allergique, d’asthme d’effort…

– Qu’est-ce que l’éducation thérapeutique ? –

“L’éducation thérapeutique est faite pour aider les patients mais également les parents d’enfants asthmatiques. Nous les aidons à mieux prendre en charge leur maladie. On apprend ce qu’il se passe dans les poumons pendant une crise, mais également tout ce qui entoure cette maladie que ce soit concernant l’observance ou le bon usage des médicaments. Les corticoïdes inhalés représentent le principal traitement de fond de l’asthme.   

Dans le cadre de l’éducation thérapeutique on apprend à mesurer son souffle à l’aide d’un débitmètre. On sait qu’entre 100 et 80 % de sa norme habituelle de mesure de souffle tout va bien, quand on est entre 80 et 60 % on sait qu’il faut agir Cela permet d’éviter, si on agit rapidement, le recours aux urgences ou à l’hospitalisation quand la mesure est trop basse.”

Il est important d’apprendre à bien prendre ses médicaments, à quoi ils servent, leur utilité, leurs effets. Dans le cas des médicaments inhalés Il faut savoir apprendre à coordonner le geste et l’inspiration, ce qui n’est pas toujours facile pour les enfants.

Si le traitement de fond pris correctement, il permet de réduire la fréquence des crises.

– Est-il vrai qu’il existe également des médicaments injectables ? –

“Oui c’est vrai, les piqûres sont néanmoins utilisées dans le cadre d’une hospitalisation (qu’à partir de 12 ans) . Il y a des gens qui ont de l’asthme en permanence, ce qu’on appelle l’asthme persistant ou de l’asthme intermittent ou les enfants peuvent faire une crise de temps en temps parce qu’ils courent ou si ils rencontrent un allergène par exemple.”

En effet l’asthme est une maladie chronique qui peut varier entre différents niveaux de gravité selon la personne. allant de intermittent, persistant léger, persistant modéré et persistant sévère. Ces niveaux sont déterminés en fonction de la fréquence des symptômes. Il faut savoir que l’asthme est toujours présent mais que sa gravité peut varier au cours de la vie du patient.

– Quelles sont les questions que les gens vous pose souvent à l’Association ? –

“Est-ce que ça va passer ? Est-ce que je vais guérir ? C’est le type de questions que les gens se posent. On explique donc que c’est une maladie chronique, qu’il faut un traitement à long terme ce qui n’est pas toujours facile quand on l’apprend. Les gens sont dans le déni et n’ont pas envie d’avoir une maladie chronique qui durera toute leur vie. Ce qui est important, c’est quand on fait comprendre aux gens qui viennent nous voir, qu’avec un traitement on peut aller beaucoup mieux. Si on intervient rapidement et si on est bien observant on peut mener une vie normale.” 

– Vous avez donc pour rôle de les conseiller et de les rassurer ? –

“Nous allons expliquer les choses de façon à permettre à ces personnes de mieux comprendre la maladie. En effet chez le médecin la consultation ne peut pas être assez longue par rapport à la demande. Nous allons simplifier le vocabulaire utilisé par les médecins car pour certaines personnes ce n’est pas toujours évident de comprendre. On prend donc le temps d’expliquer et encore plus avec les enfants.

Nous avons eu une jeune de fille de 16 ans qui ne savait pas ce qu’il se passait avec ses poumons. Maintenant elle s’aperçoit qu’elle a de plus en plus de mal à respirer. On s’est rendu compte qu’elle prenait mal son traitement. Elle doit donc consulter un médecin une nouvelle fois afin de lui administrer un nouveau traitement de fond. Elle en a vraiment besoin et on lui a donc appris par la même occasion comment bien prendre son traitement. Il est important en éducation thérapeutique, de ne pas être effrayé par sa maladie et d’agir avant d’être hospitalisé.”

Thierry-Basset

L’auteur de l’article

Pharmacien biologiste et à l’initiative du projet Ludocare, Thierry est un ancien responsable de laboratoire. Il met au service de la start-up ses connaissances et son expérience en tant que responsable médical. 

Thierry contribue au développement de la partie médicale des robots Joe et Léo, les compagnons des enfants asthmatiques et atteints de mucoviscidose. Les deux solutions sont commercialisées dès la rentrée 2019. 

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